Communauté des Paroisses du Pays de St-Ludan

 Histoire de Hipsheim et de l'église St-Ludan 

 
 
 
 

  Histoire du Village de HIPSHEIM 

 Situation géographique

 Le village de Hipsheim est situé à l’est de la D 1083 entre Erstein et Fegersheim. Son approche est signalée par la vénérable église Saint Ludan située à proximité de cet axe de communication. La superficie de son ban est de 452 ha. Le village limitrophe au nord est Ichtratzheim. Cette limite est naturellement formée par la rivière Scheer, le Schlossgraben, près de l'ancien château d'Ichtratzheim, puis le Eichmattgraben et enfin un ruisseau nommé Kleine III. Au sud, vers Nordhouse la limite traverse les terres fertiles de la plaine d'Erstein et au-delà de l'Ill des prairies et forêts. A l'ouest c'est la Scheer qui délimite le ban avec Limersheim. A l'est nous trouvons le village d'Eschau Wibolsheim. Il existe trois anciens chemins qui desservaient les villages voisins. La rue actuelle de Nordhouse donne accès à ce village à travers champs, de même le prolongement de la rue des Alisiers aboutissait en traversant la Scheer sur le Steeg '' à Ichtratzheim. Le dernier chemin important traverse l'Ill près de la limite avec Nordhouse et dessert les terres à l'est de l'Ill et aboutit à l’écluse de la Thumenau sur le canal du Rhône au Rhin.

Histoire

Le village apparaît au cours de l'histoire dans les documents écrits sous les noms suivants : Hyppeneshaim en 728 dans les archives de l'abbaye de Murbach. Dans celle de Fulda en 788 sous Hibodeshaim ; en 828 villa Hibodesheim; Ipfinsheim en 1238; Hipfensheim en 1266; Hupfensheim en 1311; Hipphensheim en 1411; Hippensheim en 1330 et au 17° siècle Hibsheim et Hipsenheim. Le comte du Nordgau Eberhardt fait don à l'abbaye de Murbach du village de Hipsheim en 728. Au temps de l'apogée de la puissance des comtes de Werde au 11° siècle Hipsheim faisait partie des possessions du Landgraviat de Basse Alsace. En 1233 le comte Henri de Werde donne à son épouse Elisabeth de Montfort en compensation de la dot de 600 marks en argent tout le village d'Ipsenheim avec tous ses revenus, toutes ses dépendances et tous ses droits. Les descendants des Rheingrafen se partagèrent le village en trois lots : Le premier tiers passe en 1399 à la famille Kageneck qui le possède encore en 1761. Le second tiers passe en 1460 aux Bapst de Bolsenheim. Ce lot est partagé en deux soit 1/6 aux Berstett qui l'avaient toujours au 18° siècle, l'autre sixième aux Lutzelburg, puis à la famille Franck et enfin à Fr. Joseph Burger, prévôt d'Erstein. Le dernier tiers passe à la famille de Landsberg en 1651, puis est cédé à la famille Braun de Strasbourg. L'église paroissiale, commune aux villages de Limersheim et Ichtratzheim a pour patron St Georges, mais c'est St Ludan qui a pris le relais depuis le Moyen Age grâce au tombeau de ce saint conservé dans la nef de l'église. En 1666 le troisième patron était St Léodogar (Léger), une influence de l'abbaye de Murbach. L'église, lieu de pèlerinage, a été détruite pendant la guerre de trente ans en dehors du clocher massif. La reconstruction de la nef date de 1723. Comme l'église était éloignée du centre du village et qu'il fallait trouver une solution pour installer une horloge au plus près des maisons, la communauté avait fait construire en 1584 une tour sur la place près de l'actuelle chapelle St-Wendelin. Ce bâtiment existait encore en 1856. La chapelle St Wendelin au centre du village existe depuis 1724. Le bâtiment actuel date de 1866. En 1720 il y a 34 feux soit environ 153 personnes. En 1766 on note 38 feux soit 171 corvéables. Ensuite la population augmente progressivement jusqu'à atteindre 450 habitants en 1831. Ce chiffre restera stable jusqu'aux environs de 1990, pour atteindre plus de 900 habitants en 2014.

Le Relais Postal

 A l'ouest de l'Eglise Saint Ludan, se trouve une belle maison à colombages qui a longtemps fonctionné comme un Institut médico-éducatif. Mais jusqu'à la fin du 19ème siècle, cette maison abritait un relais de poste avec son monde à part. A une époque où les relations et les déplacements étaient limités et parfois difficiles, le Relais était une fenêtre ouverte sur les grands espaces et sur la grande vitesse allant jusqu'à 15 kilomètres à l'heure. Dans le Relais, le maître de poste était le responsable et il en était parfois même le propriétaire. Jusqu'en 1725, il achetait sa charge au Surintendant Général des postes. A partir de 1725, le brevet était délivré gracieusement par le roi. Comme l'administration royale avait pour principe de favoriser les équipes en place, on a assisté alors à l'apparition de véritables dynasties de maîtres de poste.
On découvre ainsi au cimetière de Hipsheim, au côté nord de l'Eglise, les tombes et les pierres tombales de la dynastie des WALDEJO, maîtres de poste. Le maître de poste assurait le relais des chevaux, mais il est aussi à la disposition des voyageurs et des transporteurs : hébergement, restauration, entretien du matériel défaillant... C'est donc un véritable monde qui vit et s'agite au relais. On y rencontre les postillons avec leurs uniformes et leurs plaques numérotées, le personnel de l'auberge, de l'hôtellerie et de la ferme ainsi que tous les métiers utiles : maréchal-ferrants et palefreniers, charrons capables de réparer les roues, bourreliers ou selliers chargés de la maintenance de l'extraordinaire variété d'objets en cuir indispensables à la traction des lourds véhicules. La malle-poste pouvait emmener en plus du courrier jusqu'à 5 voyageurs. Celle de Strasbourg à Lyon était à quatre roues, et tirée par un attelage de cinq chevaux. Elle atteignait la vitesse de 8 kilomètres à l'heure. Le trajet jusqu'à Lyon durait 36 heures, avec les arrêts indispensables pour le changement des chevaux

  Histoire de l’église St-Ludan  

Des sanctuaires de sont succédés là, le long de la voie romaine qui allait de Horbourg (Argentovaria) à Strasbourg, bien avant que saint Ludan n'y fût enterré. Elle était dédiée à St-Georges. Une chapelle en bois aurait été érigée là, à l’époque gallo-romaine, sur un lieu de culte païen, au bord de la Scheer (d’où le nom de Scheerkirche). Au haut moyen-âge, l'église Saint-Georges était considérée comme l'église-mère des 4 villages qui l'entourent : Hipsheim, Ichtratzheim, Limersheim et Hindisheim, d’où son autre nom de Mutterkirche.
L’église en pierre est une des plus anciennes églises d'Alsace, construite vers 1235, à la fin du règne des Hohenstaufen, dont il ne reste aujourd’hui que le clocher.
Une maison est accrochée au clocher, côté est, où vivait au 19e siècle un ermite appelé le "Waldbruder" de Hipsheim.
La nef du 13me siècle été détruite par les Suédois en 1632 qui en ont fait un camp retranché et un dépôt d'intendance. La tour leur servait de tour de guet.
En 1723, le curé Winterer a fait reconstruire la nef dans le style baroque de l'époque. La façade est ornée de 3 bandeaux chanfreinés, les ailes du pignon débordant sont en volutes, l'encadrement de la porte est mouluré, surmonté d'un chronogramme.
A partir d'un texte en latin, dont on ne retient que les lettres mises en majuscules, la somme de leurs valeurs numériques donne une date. Les chronogrammes sont fréquents en Europe Centrale mais celui-ci est presque unique en Alsace, avec celui de l’Eglise de Gunstett (au nord de Haguenau) et deux autres au Mont Saint Odile.
L'inscription dit : "QVo anno ter qVIntVs LVDoVICVs sCeptra saLVtat reX pVer eCCLeslae WVnterer aVCtor aDest.33 annorum parochus."
Signifiant : "En l’année où le roi enfant Louis XV a reçu le sceptre (donc à sa déclaration de majorité), Winterer a fait construire l’église." En clair : 1723.
A l’intérieur, La décoration du 18e siècle est de style rococo. Le chœur, habillé de boiseries et d'un grand retable affiche 3 tableaux : au centre, Saint Georges terrassant le dragon, à droite, Saint Louis en prière, tableau signé Sorg, et à gauche, Saint Ludan réconforté par le Saint Viatique.
Le retable de l'autel latéral gauche montre Saint Ludan recevant la couronne de gloire après sa mort, et l'autel latéral droit une piéta.
Dans la nef, du côté gauche, un grand tableau retrace la procession du transfert du corps de Saint Ludan à la Scheerkirche, là où le cheval s'est arrêté.
Devant l'autel latéral droit, se tient une statue de Saint Ludan en pèlerin en compagnie de 2 angelots. Plus loin à droite, est suspendue la chaire en bois sculpté et à son pied, les fonts baptismaux.
 Devant l'autel latéral gauche, un calvaire du 16e siècle est incrusté dans le mur. Plus en arrière, on y voit aussi le sépulcre de Saint Ludan, en grès rose, sculpté en 1492 par Conrad von Sinsheim, le maître d’œuvre de la flèche de la cathédrale de Strasbourg, l'année où les reliques de Saint Ludan furent transportées du cimetière de l’église-mère à l’intérieur.
Au mur, proche du sépulcre, se trouve la statue de la Vierge et l’Enfant, œuvre du 20e siècle du céramiste Paul Boni.
Les vitraux sont des œuvres réalisés par les ateliers Ott frères de Strasbourg, et mis en place en 1947, en remplacement des anciens vitraux cassés à la fin de la guerre.
On y voit Saint Georges, Saint Joseph et les saints d'Alsace : Saint Ludan, Saint Léonard, Saint Materne et Saint Arbogast, Sainte Odile, Sainte Eugénie, (nièce de Sainte Odile qui fut aussi abbesse du monastère du Hohenbourg) et Sainte Richarde.
De l'orgue de 1760 conçu par Johann-Andreas Silbermann (1712-1783) il ne reste que le buffet, l'instrument ayant été remanié en 1899 par Martin Rinckenbach.

 
 
 
Communauté des Paroisses du Pays de Saint-Ludan - 2020