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Homélie pour un seizième dimanche du Temps Ordinaire A

            Dimanche dernier je disais qu’il n’y avait aucune explication pour les paraboles du Royaume à part celle du semeur. Ce n’est pas tout à fait vrai puisque Jésus a consenti à éclairer celle du bon grain et de l’ivraie. Rappelons-nous tout d’abord que les paraboles ne sont pas une description de ce qui se passe dans le monde, mais une annonce du Royaume de Dieu, qui est réalité cachée au cœur du monde et que Jésus annonce comme un événement mystérieux et heureux.
 
            « Le Royaume de Dieu est donc semblable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. » L’ivraie qui y pousse indique qu’au milieu de ce que Dieu propose de faire, il y a le mal. D’où vient-il ? Jésus n’explique pas le mal. Il pointe l’existence d’un adversaire qui piège l’œuvre de Dieu et qui risque de l’étouffer. Mystère que l’existence du mal, mais aussi mystère du Royaume de Dieu confronté à l’adversité. C’est là que des serviteurs voudraient intervenir et qu’ils ne le peuvent pas. Ce serait folie de croire en un monde dont on aurait extirpé tout le mal. Dans un tel monde il ne subsisterait d’ailleurs personne.
 
            La condition d’existence du Royaume de Dieu est celle d’une inévitable cohabitation du bien avec le mal. Le Royaume de Dieu souffre donc en quelque sorte d’une concurrence, d’une mise à l’épreuve et ce jusqu’à la fin des temps. Mais comme pour rajouter une note différente, Jésus nous propose encore deux autres paraboles dont celle de la toute petite graine qui devient un arbre tellement accueillant que les oiseaux viennent y faire leur nid. Le Royaume de Dieu fait son chemin dans la confrontation avec son contraire, mais il est manifestement ouvert à tous ceux qui veulent s’y établir.
 
            La parabole du bon grain et de l’ivraie a tellement intrigué les disciples qu’ils ont renouvelé leur demande d’explication. Jésus accepte mais il va plus loin. La parabole ne parlait pas de la moisson où il sera question de séparer le bon grain de l’ivraie. Avec ses disciples, Jésus évoque la fin des temps, en usant des images de son époque, entre autres celle de la fournaise dans laquelle seront jetés les fils du Mauvais. De ce fait il y a un grand contraste entre la situation où le bon grain et l’ivraie poussent ensemble et celle du tri final.
 
            Qu’est-ce que cela veut dire ? Je risque une hypothèse. L’évangile nous presse de vivre en croyant c’est le bien qui triomphe finalement. Dieu veut sauver le monde mais il ne le peut pas contre lui. « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Luc 18, 8. Question fondamentale ! Croyons-nous dès aujourd’hui qu’il suffit d’un peu de foi, comme d’un peu de levain, pour que ce Royaume lève ?
 
 
Communauté des Paroisses du Pays de Saint-Ludan - 2020