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34ème Dimanche du Temps Ordinaire

Exhortation

La littérature traitant de la question de la fin du monde a imaginé des scenarii catastrophes menant tout droit au chaos. Elle fait appel à une peur qui peut toujours surgir devant l’inconnu du futur. Notre monde connaîtra une fin, dans un certain nombre de millions d’années, lorsque le soleil ne sera plus assez puissant pour réchauffer la terre. Mais à cette perspective lointaine s’est rajoutée la possibilité d’une destruction de la planète par l’homme lui-même, soit par l’arsenal nucléaire dont disposent certaines nations, soit par une dégradation irréversible de notre environnement, comme en témoigne la pandémie qui nous occupe à présent.
 
            Dans un tel contexte, que veut dire espérer ? Comment mener sa vie avec assez de lucidité pour ne pas se laisser aller au catastrophisme ou à l’inconscience. Il est vrai que rarement l’humanité a été confrontée à autant de défis à la fois. Pour autant, l’histoire humaine est une aventure fragile et qui a du sens. Pour les croyants, l’existence du monde, la vie sur terre et l’émergence de l’humanité sont le signe d’un amour bienveillant d’un Dieu créateur. Est créateur celui qui fait vivre et qui confie la responsabilité du don de la vie.
           
            En ce dimanche où nous célébrons le Christ, roi de l’Univers, notre regard se tourne vers celui qui a pris en charge le destin du monde. Le Père des cieux a tout remis entre les mains de son Fils. Quels que soient les choix des hommes, quelle que soit la puissance des forces de destruction, notre monde n’est pas condamné au tragique. En Jésus sont les fondations d’un monde nouveau, la cité d’en-haut.
             

Prière  

            Dieu notre Père, à toi notre louange et notre prière en ce jour.
         Tu nous as donné ton Fils Jésus pour qu’il nous révèle ton amour inconditionnel pour le monde. Lui, le Fils humble et serviteur des pauvres et des petits, tu l’as élevé au-dessus de toute créature pour qu’il soit notre Sauveur, notre Roi et notre Juge plein de bonté.
             Accorde-nous de pratiquer avec ardeur et créativité son commandement d’amour. Alors nous pourrons croire en ta miséricorde et paraître devant lui sans crainte.
         Toi le Dieu saint qui veut nous sanctifier, aujourd’hui et tous les jours de notre vie.
 

PREMIÈRE LECTURE

  « Toi, mon troupeau, voici que je vais juger entre brebis et brebis » (Ez 34, 11-12.15-17)
 
Le Christ Jésus se présente à nous comme le bon berger qui prend soin de ceux que le Père lui a confiés.
 
Lecture du livre du prophète Ezéchiel
 
Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis,
et je veillerai sur elles.
    Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau
quand elles sont dispersées,
ainsi je veillerai sur mes brebis,
et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées
un jour de nuages et de sombres nuées.
    C’est moi qui ferai paître mon troupeau,
et c’est moi qui le ferai reposer,
– oracle du Seigneur Dieu.
    La brebis perdue, je la chercherai ;
l’égarée, je la ramènerai.
Celle qui est blessée, je la panserai.
Celle qui est malade, je lui rendrai des forces.
Celle qui est grasse et vigoureuse,
je la garderai, je la ferai paître selon le droit.
    Et toi, mon troupeau
– ainsi parle le Seigneur Dieu –,
voici que je vais juger entre brebis et brebis,
entre les béliers et les boucs.
   

PSAUME

(Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)
R/ Le Seigneur est mon berger :? rien ne saurait me manquer. (cf. Ps 22, 1)
 
Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.
 
Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.
 
Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.
 
Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.
 
Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.
 

DEUXIÈME LECTURE

« Il remettra le pouvoir royal à Dieu le Père, et ainsi, Dieu sera tout en tous » (1 Co 15, 20-26.28)
 
Le pouvoir du Christ Jésus c’est sa force qui lui a permis d’affronter, de vaincre le mal et le dernier ennemi qui est la mort.
 
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens
 
Frères,
    le Christ est ressuscité d’entre les morts,
lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.
    Car, la mort étant venue par un homme,
c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts.
    En effet, de même que tous les hommes
meurent en Adam,
de même c’est dans le Christ
que tous recevront la vie,
    mais chacun à son rang :
en premier, le Christ,
et ensuite, lors du retour du Christ,
ceux qui lui appartiennent.
    Alors, tout sera achevé,
quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père,
après avoir anéanti, parmi les êtres célestes,
toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance.
    Car c’est lui qui doit régner
jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis.
    Et le dernier ennemi qui sera anéanti,
c’est la mort.
    Et, quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils,
lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père
qui lui aura tout soumis,
et ainsi, Dieu sera tout en tous.
 

ÉVANGILE

« Il siégera sur son trône de gloire et séparera les hommes les uns des autres » (Mt 25, 31-46)
 
Alléluia. Alléluia.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Béni soit le Règne qui vient, celui de David notre père.
Alléluia. (Mc 11, 9b-10a)
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
 
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
    Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
    il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
    Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
‘Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
    Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
    j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
    Alors les justes lui répondront :
‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu...?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
    tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
    tu étais malade ou en prison...
Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
    Et le Roi leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.’  
    Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
    Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
    j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
    Alors ils répondront, eux aussi :
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?’
    Il leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’
    Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »
 
Commentaire
 
  1. On parle souvent de « jugement dernier » à propos de cet évangile et au regard des textes  analogues dans la littérature juive de l’époque.
  2. La première action du Fils de l’homme sera de séparer, ce qui est un acte de création. Au commencement, Dieu sépare la lumière des ténèbres, le jour d’avec la nuit, la terre d’avec les eaux etc. Ici il s’agit de séparer les brebis et les boucs, ce qui nous rappelle la parabole du bon grain et de l’ivraie où les serviteurs auraient voulu séparer le bon grain et l’ivraie. Mais cela ne sera possible qu’au temps de la moisson, image biblique traditionnelle symbolisant la fin du temps. (Mt 13, 29-30)
  3. Le verbe pour dire ‘juger’, en grec c'est « krinô ». Il signifie bien ‘séparer’, ‘distinguer’. Juger va donc consister à faire surgir la vérité, à dire la vérité dernière des situations et des personnes. Le mot « krisis » désigne l'action de ‘juger’, d'‘apprécier’, d'‘évaluer’.
  4. Alors une crise est finalement un moment de vérité. Le jugement n'est donc pas d'abord une condamnation mais une mise en lumière. La vérité est parfois dure à reconnaître, parce qu’elle met en question les personnes, les institutions, les systèmes bien en place. Mais on gagne à avoir un regard critique sur ce que nous faisons ou ne faisons pas.
 

Homélie

 
            Nous sommes résolument dans un temps d’entre deux. Je m’explique. Le semeur, Jésus, est sorti pour semer sa Parole en nous. Notre vie est comme la terre qui a reçu du bon grain et jusqu’au bout de notre existence, c’est le temps de la croissance ou de l’infécondité de cette parole semée en nous. Nous avons la possibilité de la prendre au sérieux et de la faire fructifier. Comme les serviteurs de la parabole de dimanche dernier, nous pouvons chercher le talent enfoui en terre pour qu’il échappe à la stérilité, à l’inutilité.
 
            L’utile et l’inutile. C’est bien à cela que nous sommes confrontés lorsque nous faisons retour sur notre vie. Nous jugeons nos actes par rapport à leur utilité, à leur productivité. Et ce qui n’a rien donné est regardé comme n’ayant aucune valeur. Or, ce que nous dit l’évangile de ce dimanche, c’est que nous ne savons pas la portée de nos actes, de la valeur de notre vie. Nous sommes que des mauvais juges de nous-mêmes. Autant les bénis du Père des cieux que les maudits ne savaient pas ce que leurs actes ou leur non-agir avaient comme valeur. Sauf qu’avec cet évangile, nous savons maintenant ce que nous ne savions pas. Nous entendrons un jour la parole qui discerne ce que nous avons vraiment réalisé.
 
            Nous, nous avons tendance à ne regarder que nos actions, bonnes, moins bonnes ou néfastes. L’évangile met l’accent sur le relationnel qui se construit à travers nos actes. « J’avais faim et vous m’avez donné à manger. » Donner à manger c’est bien plus que de calmer une faim. C’est établir une relation fraternelle et manifester qu’il n’y a pas d’humanité si l’homme à côté de moi meurt de faim. Il y a de l’humanité qui advient quand un humain se fait le proche d’un autre humain. Aujourd’hui l’être humain qui souffre n’est pas seulement celui qui habite ma rue, c’est celui qui entre dans ma vie par média interposés. Ce sont les familles qui se noient dans la Méditerranée, les milliers de personnes sans domicile en France, et les étudiants qui n’ont plus les moyens pour s’acheter à manger.  
 
            Tout le monde a en tête la parole d’un homme politique qui disait que notre pays ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde. Certes ! Mais aussi longtemps qu’il y aura un pauvre, un prisonnier, un malade, il nous sera impossible de vivre dans une sorte d’insouciance et de raisonner comme l’homme de l’évangile qui fait abattre ses greniers pour en construire de plus grands afin de jouir de ses biens en abondance. Les temps troublés qui sont les nôtres, les crises présentes et à venir, nous pressent de nous interroger sur la notion de propriété que nous avons érigée en une sorte de dogme.
 
            Car je peux donner de mes biens, de mon temps, de mon attention et même de ma bienveillance mais en tant que propriétaire, et donc considérer cela comme des actes méritoires. Ce qui est en jeu dans cet évangile : c’est le « venir jusqu’à lui, le Seigneur ». « Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? » demandent les justes. Il s’agit d’aller vers celui qui est à l’origine de tout, celui qui nous a tout donné en nous donnant la vie. Nourrir, donner à boire, accueillir, revêtir et visiter, c’est honorer la vie par la jubilation de l’amour qui ne connaît pas de limite. C’est ainsi rendre hommage au Créateur et à celui qui nous sauve de l’indifférence et du repli sur soi. Le chemin vers l’autre est chemin vers Dieu.
 
            Jusqu’à la fin du temps, nous avons à laisser résonner en nous cette parole : « J’avais faim, j’avais soif, j’étais un étranger, j’étais nu, malade ou en prison. » Cette parole nous met dans un état d’in-tranquillité et nous conduit à veiller. « Comment va mon frère ? De quoi souffre-t-il ? » Au dehors, il y a des frères, des sœurs qui attendent un geste, une parole pour croire qu’ils sont des humains, des êtres dignes de considération et d’amour. Si je ne vais pas vers eux, suis-je vraiment humain ?
Prière universelle
  • Prions pour l’Eglise, pour qu’elle n’ait pas peur de se remettre en question dans son fonctionnement et qu’elle soit avant tout au service de la croissance de tous les humains.
  • Prions pour les personnes qui ont perdu leur emploi et celles qui se découragent devant les perspectives de leur entreprise
  • Prions pour ceux qui sont dans une situation de grande précarité et pour ceux qui les accompagnent pour leur ouvrir un avenir
  • Prions pour ceux qui angoissent à cause de leur état de santé, les malades qui n’ont plus le goût de vivre, prions aussi pour les soignants, en particulier ceux qui sont épuisés…
 

Notre Père

 

Demande de bénédiction

Par l’intercession de saint Ludan, de sainte Odile et de tous les saints et saintes, que Dieu, Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père plein de tendresse et le Dieu de toute consolation, nous réconforte de nos découragements et que la grâce et la paix soient sur nous pour les siècles des siècles !
 

Pour continuer avec un texte du pape François

 
            Rappelant l’urgence d’aller aux « périphéries existentielles », le Pape François invite très concrètement l’Eglise à se tourner vers les plus pauvres, qui sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine.
            En s’appuyant sur l’évangile de St Matthieu (25), il écrit « redécouvrons les œuvres de miséricorde corporelles : donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. 
            Et n’oublions pas les œuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts.»             (Misericordiae vultus 15)
 

Pour continuer avec la lecture d’une œuvre d’art

 
            Nombreuses sont les scènes de jugement dernier aux portes de nombreuses cathédrales et églises. Elles en appellent aux fidèles pour qu’ils se souviennent en allant prier, qu’ils ont aussi à interroger leurs actes.
           
            Je vous propose de découvrir une représentation des œuvres de miséricorde.
 

 
            Il s’agit d’un tableau de David Tenier(s) qui se trouve au musée de Louvre à Paris et qui date de 1640. On y distingue comme œuvres de miséricorde : donner à manger, à boire, accueillir, visiter… Ce peintre qui aimait représenter des personnes dans les tavernes, a peint ici un peuple aux abois.
           
            La scène nous interroge : « D’où vient la misère des ces gens affamés et comment se fait-il que l’homme bien portant qui donne du pain, en dispose d’en si grandes quantités ? Ces gens mendient sans être des mendiants. La miséricorde ne peut s’exercer sans d’abord chercher à établir la justice.
           
Une lecture de ce tableau
           
            On est loin de l’imaginaire moyenâgeux de la fin des temps. Ici tout semble calme et volupté… Il se dégage une grande relation fraternelle. Chimère d’une société idéalisée ? Le thème est traité avec humanité.
 
            Vous pouvez faire part de vos réactions et de votre lecture à etiennehelbert@orange.fr

 

 
 
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