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Homélie pour un quatorzième dimanche du Temps Ordinaire A

            Dimanche après dimanche nous écoutons des extraits des évangiles isolés de leur contexte. Il est donc nécessaire de regarder ce qui précède. Aujourd’hui ce sont des invectives, des reproches que fait Jésus parce que certaines localités de Galilée où il a opéré des signes, ne se sont pas ouvertes à la Bonne Nouvelle, ne se sont pas converties. Puis il rend grâce, il jubile parce que les « tout-petits » ont accepté de voir Dieu qui révèle son mystère par Jésus, alors que les sages et  les  savants le récusent.
 
            Jésus est heureux que sa mission soit perçue comme une œuvre bonne venant de la part de son Père « qui a tout remis entre ses mains ». Ensuite il prononce des paroles pour ces « tout-petits » qui l’écoutent, paroles qui continuent à résonner pour nous : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » qui n’aspire pas à des temps de repos, de ressourcement ?  Et ici de quel fardeau s’agit-il ?
 
            Le grand reproche que Jésus a fait aux scribes et aux pharisiens c’est « d’attacher de pesants fardeaux, difficiles à porter, sur les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. » Mt 23, 4. C’est le fardeau de la Loi, interprétée dans toute sa rigueur. Tu ne dois pas faire ceci. Tu dois faire cela. Or  la Loi du Seigneur, c’est avant tout le signe de l’Alliance  de Dieu avec son peuple pour que celui-ci ne retourne pas dans l’esclavage de l’idolâtrie et des conflits fratricides. Paul l’apôtre l’écrira aux Galates : « C’est à la liberté que vous avez été appelés… Car toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : tu aimeras ton prochain comme toi-même » Gal 5, 13.
 
            A ceux qui pratiquent le chemin de l’amour exigeant, Jésus promet le repos, un cœur apaisé parce qu’il laisse toute inquiétude. A la place du pesant fardeau de la Loi, Jésus lance encore deux invitations : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur. » A ceux qui sont fatigués, coincés par la Loi, Jésus demande donc d’apprendre qu’il est doux et humble de cœur. Cette douceur de Jésus et son humilité ont malheureusement été traduites en images mièvres, à l’eau de rose. Un maître qui pratique la douceur avec ses disciples est quelqu’un qui a tout son temps, le temps d’une infinie patience. Et si en plus il est humble, cela veut dire qu’il se met à la portée de tous. Il n’écrase pas celui qui est fragile.
 
            « Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » Jésus parle d’une expérience reposante alors que pour un disciple tout apprentissage requiert de l’énergie. Mais le joug de la douceur et de l’humilité est léger et facile à porter. Tout simplement parce que ce disciple ne porte pas seul. Il porte avec le Christ qui nous a portés. En d’autres mots, la foi, l’amour donnent d’avancer dans la vie, non pas de manière insouciante, mais plus légèrement. A nous de faire ce que nous pouvons. Le reste ne dépend pas de nous. Un autre veille. 
 
 
Communauté des Paroisses du Pays de Saint-Ludan - 2020